La maison écolo
Créée en juillet 2008, la ferme est aujourd’hui bien avancée.
Notre souhait est de faire vivre une ferme en élevage ovin-viande, autonome en énergie, lieu d’animations, de ressources et de bien-vivre, qui trouve sa place dans le pays qui l’accueille.
Pour cela, nous mettons en œuvre au fur et à mesure :
- Des animations et des séjours autour du troupeau et de la biodiversité
- Des chantiers-écoles sur l’éco-construction
- Nous mettrons nos compétences au service de projets parallèles.
Le projet en cours : la maison du berger, maison à forte dimension écologique pour laquelle nous organisons un chantier participatif en avril et mai 2010. Voir ci-dessous le dossier technique et les dates.
Maison ossature-bois écologique : « la maison du berger »
Conçue par Pierre Boisseau
11360 Albas – Corbières
06 77 15 01 22
La démarche
Tout projet élaboré correspond à une intention, un désir que l’on cerne le mieux possible en établissant un cahier des charges, c’est-à-dire un ensemble de données et de contraintes. Ce cahier des charges, que vous entreverrez au fur et à mesure de la réflexion va être le fil conducteur des choix et des options de l’auteur du projet.
Contraintes environnementales : situation hors réseau, sur l’emplacement d’une ancienne bergerie (ruines), dans les Corbières sèches à deux kilomètres du village.
Ce projet est entièrement défini comme l’habitat du berger, à proximité de son troupeau. Les intentions environnementales sont claires : créer un habitat discret, facile à gérer, de surface modeste mais avec un bon confort, thermique notamment. Après avoir réfléchi aux méthodes et mises en œuvre anciennes des maisons modestes, paysannes pour la plupart, il est apparu qu’aucune d’elles ne pouvait répondre à notre attente : soit trop de main d’œuvre, soit trop d’inertie pour la mise en service (murs de terre). Cependant, les intentions des constructeurs étaient excellentes pour l’époque, et sont toujours en adéquation avec l’environnement. C’est ce qui va nous guider dans la recherche d’une solution.
Le bois en provenance de la Montagne Noire sera le matériau largement utilisé, pour toute la structure bois et les parois. Bien que le bois ait été très peu utilisé dans les Corbières du fait du manque de ligneux et de la très grande facilité à construire en pierre – il y en a partout et de toute taille – il serait aujourd’hui économiquement difficile d’utiliser une méthode qui consiste à maçonner entre-elles des pierres de tous calibres. Le bois cumule plusieurs avantages, dont celui d’être léger et calibré en scierie à la demande. Il permet de pré-monter la charpente sous abri, en dehors du chantier
Les revêtements extérieurs et intérieurs seront aussi en bois. Au lieu d’appliquer ce bois sur une âme solide, il a été décidé de concevoir ces bardages comme des coffrages, non perdus en l’occurrence. Entre ces bardages-coffrages fixés sur l’ossature-bois, nous avons réfléchi à un remplissage qui soit aisé à se procurer, à proximité si possible, de façon à confectionner une masse isolante, stable, inintéressante pour les petits visiteurs – souris, insectes. La paille va être l’élément structurant d’un béton léger (300/350 kg/m3) associant la chènevotte à un liant. Avant mise en place de ce béton, les parois seront badigeonnées de bouillie bordelaise. Ce béton léger sera conçu de telle sorte qu’il ne mouille pas les coffrages (risque de déformations voire d’arrachages). Il ne sera pas nécessaire d’utiliser une bétonnière. Ceci est a priori une innovation qui permet de réaliser ce genre de bâti par quiconque, avec très peu de matériel spécialisé. Tout se fait à la main, quasiment à sec. S’il manque un peu d’eau, ce qui est probable, l’humidité de l’air compensera avec le temps.
Pour être logique d’un point de vue constructif, il est nécessaire de prolonger ce procédé au niveau de la couverture afin d’obtenir une enveloppe homogène et sans pont thermique. Cela a conduit à concevoir une charpente particulière. En observant les charpentes légères de conception américaine on s’aperçoit qu’elles présentent plusieurs avantages : montage rapide, peu de bois utilisé, moins d’énergie nécessaire. Cela nous a amené à imaginer une ossature bois en continu, associant des fermettes légères et assez rapprochées à des poteaux porteurs inclus dans le béton léger. C’est sur ces poteaux que sont vissées les parois bois.
Le chantier envisagé – 70 m2 utiles – peut être réalisé en l’espace d’un mois, avec 4 personnes, les fondations étant faites préalablement. Cela nécessite évidemment de passer les gaines et canalisations avant remplissage. Ce procédé de construction permet d’utiliser toutes sortes de matières de remplissage, en fonction des disponibilités locales.
En résumé :
- Une conception en adéquation avec l’environnement proche
- Une conception innovante : ossature-bois « fermette-poteaux » en continu, remplissage entre bardages définitifs et sans bétonnière
- Des matériaux locaux
- Une mise en œuvre plus facile que d’autres
(avec nécessité de faire valider le système charpente par un professionnel)
- Un coût maîtrisé
- Un bâtiment à forte dimension écologique
- Un habitat facile à vivre
Organisation du chantier
Tranche A : fondations
Tracé/niveaux/chaises, cordeaux
Décapage pour béton de propreté en périphérie
Drain coté sud et côté nord (extérieur)
Pose canalisations EU/eau/électricité/gaz entre abri et habitations
Pose de 2 rangs de parpaings (20 + 10) pour épaisseur de 30 cm, en périphérie sauf côté sud
Liaison 8 cm épaisseur, BA 4 ronds de 10 mm au-dessus, sauf côté sud
Poutre BA côté sud, reliée en tête
Béton de propreté
NB : ne pas oublier passage gaines sous les fondations
Tranche B : charpente
Réalisation sous abri, à partir d’un gabarit au sol. Chaque fermette-poteau est constituée de 2 éléments identiques
14 fermettes-poteaux rassemblés en place par boulonnage
Bâchage sur voliges en discontinu et vissées
Revêtement bois (parquet peuplier) côté intérieur, vissé. La partie inférieure, formant plinthe et partiellement enterrée est en châtaigner.
Pose des baies, vissées
Pose des gaines électriques en attente
Tranche C : remplissage et revêtement extérieur (mélèze)
Remplissage du « coffrage » et revêtement extérieur au fur et à mesure, vissé.
Pas plus de 50 cm entre le niveau du remplissage et le haut du coffrage mélèze
Tranche D : la couverture
Même système que précédemment : la sous-face en parquet peuplier est vissée. Le remplissage se fait par-dessus, avec dépose progressive des voliges.
Fermeture par plaques (tripli + bouillie bordelaise) avant pose tuiles sur liteaux
Durée estimée du chantier : 1,5 à 2 mois hors fabrication charpente
Chantier participatif :
Tranche B, charpente : du samedi 24 avril au mardi 28 avril
Tranche C, remplissage et revêtement extérieur : du jeudi 6 mai au dimanche 30 mai
Les participants sont nourris et logés sous réserve de places disponibles (maison, yourte, tentes). En échange, ils participent de façon concrète à la fabrication de la maison et apprennent une technique nouvelle qu’ils pourront ensuite utiliser à leur profit non commercial.
Il est conseillé de rester au minimum deux jours pour chaque technique mise en œuvre. Bonne humeur bienvenue.
L’ensemble du projet se tient au plus près des enjeux du moment : matériaux propres et énergies renouvelables, énergie grise et consommation d’énergie minimisées, facilité de mise en œuvre, confort, intégration du projet dans son environnement, bien-être animal, utilisation rationnelle de l’eau, … Enfin, il s’agit d’un projet inséré dans l’économie locale, avec une dimension économique et une dimension participative et bénévole.
Le terrain aujourd’hui, …


