Utilité environnementale du troupeau

La part des oiseaux

Les Corbières sont depuis des milliers d’années une région traditionnelle de pastoralisme. Chaque village avait son troupeau, son berger, et le pays s’en portait fort bien, protégé du feu, et riche en gibier … La seule Albas comptait 2400 brebis il y a 150 ans. Ces troupeaux ne partaient pas en estive, grâce à une plante, la très jolie aphyllante de Montpellier, qui les nourrissait été et hiver !

L’aphyllante fleurit au mois de mai. Sa fleur bleue est caractéristique. Cette plante ne pousse qu’au printemps. Une fois mangée, par un lièvre ou une brebis, il faut attendre le printemps suivant, …

La garrigue est un milieu à la biodiversité riche et singulière. Malheureusement, la disparition des troupeaux de brebis et chèvres depuis une soixantaine d’années entraîne une fermeture du milieu par des plantes arbustives. Il devient souvent impénétrable, aux humains comme aux animaux. La flore, la faune et les grands prédateurs comme l’Aigle royal y perdent leur habitat et leurs ressources alimentaires. De plus, la fermeture du milieu favorise les incendies et leur propagation.

Les brebis rustiques adaptées à la garrigue mangent des plantes que d’autres dédaignent : le génévrier-cade, le pin d’Alep, le thym, …et contribuent ainsi efficacement au maintien de milieux ouverts. Pour donner un ordre de grandeur, 200 brebis mangent 6 à 8 kilos de végétation en garrigue par jour, et ce, tous les jours, … Cela fait 1 tonne 4 par jour, soit 511 tonnes par an !

Les crottes qu’elles laissent derrière elles permettent à certains insectes de prospérer, qui font eux-même la joie de nombreux oiseaux insectivores, comme le Pipit rousseline ou encore la Fauvette pitchou. La chaîne alimentaire est un puzzle savant où chaque espèce tient une place importante. Les milieux fermés réduisent cette richesse alimentaire de façon significative.

Les chasseurs, les promeneurs, les habitants, ont tout à gagner à maintenir les garrigues ouvertes et à les protéger. C’est le sens de la présence de ce troupeau sur les terrains communaux d’Albas, où nous vous invitons à venir passer un moment

La Ligue pour la Protection des Oiseaux dans l’Aude :

Dans le département, des programmes européens contribuent à maintenir voire à restaurer ces milieux ouverts. La Ligue pour la Protection des Oiseaux de l’Aude est ainsi bénéficiaire du programme LIFE-Nature « Conservation de l’Avifaune patrimoniale des Corbières Orientales » depuis l’année 2005. Ce programme soutenu financièrement par la Commission Européenne, la Région Languedoc-Roussillon, la DIREN Languedoc-Roussillon, le Conseil Général de l’Aude et des Pyrénées Orientales a pour objectif la conservation de 13 espèces d’oiseaux rares et menacées au niveau européen affectionnant particulièrement les milieux ouverts. A cet effet, des ouvertures de milieux via brûlage dirigé et girobroyage sont mises en place. La LPO Aude s’est même portée acquéreuse d’un troupeau ovin de 50 têtes afin d’entretenir ces milieux restaurés. En savoir plus