Une année avec les brebis

Le troupeau vit au rythme des saisons, et au rythme de la croissance des agneaux.

L’automne est le moment de la lutte, c’est à dire des saillies. Un bélier suffit pour 30 à 50 brebis. Les mâles restent dans le troupeau pendant un mois. C’est l’occasion de spectaculaires bagarres, dont on entend les chocs à distance !

Le premier mois après la lutte, les brebis ne doivent pas être « brassées », afin de ne pas mettre la nidification de l’embryon en péril.

Pendant les 2 mois suivants, les brebis sont menées sans conditions particulières, c’est l’hiver, il suffit de les nourrir suffisamment. Par contre, durant les 2 derniers mois de gestation (5 mois en tout), elles recevront des aliments riches en énergie (orge, …), afin de répondre aux besoins grandissants des foetus, et de compenser la faible quantité de fourrages qu’elles peuvent ingérer, faute de place, puisqu’elle est occupée par les agneaux.

L’agnelage, qui se situe en avril, est le temps fort de la vie du berger. Les brebis mettent bas 1, 2 ou 3 petits, mais les techniques de sélection ont porté ce chiffre jusqu’à … 6 ! dans certains cas. Les soins aux mères et aux agneaux sont primordiaux pour ce début de maternité, et l’alimentation change, afin de garantir une bonne lactation : il faut des protéines ! La surveillance est permanente, pour intervenir dans les moments difficiles. Une brebis vaut moins cher qu’une intervention du vétérinaire, … mieux vaut être capable de se débrouiller tout seul.

Les agneaux croissent très rapidement. Leur poids de naissance varie entre 2 et 6 kilos, et il augmente de 270 g par jour en moyenne pour des bessons, c’est à dire des agneaux nés doubles (selon les races, cela peut être de 350 g/jour voire 400). C’est énorme. Ils feront donc environ 30 kilos à 3 mois. La jolie peluche des premiers jours devient rapidement un sympathique agneau, peureux, agité et très bruyant.

Le printemps est le moment de la tonte. La laine, cette matière si noble, n’est pas valorisée, car elle est souvent difficile à travailler, sale ou feutrée. Elle est vendue à un prix dérisoire, brûlée ou mise au fumier, ce qui est un moindre mal.

L’été arrive, sec et chaud. Les agneaux sont sevrés et séparés des mères. Les brebis sortent avant l’aurore et passent la journée à l’ombre. Les agneaux finissent de grandir et partent vers leur destin d’animaux de consommation. Les brebis sont à l’entretien et passent des jours tranquilles bien mérités, avant de retrouver leurs béliers au mois de novembre.