Infolettre N° 18, avril 2014

Written by florence on mercredi, juin 18th, 2014

Infolettre des Belles Garrigues N° 18, avril 2014

Le grand frisson
Echtyma
Les 4 saisons du troupeau : la tonte
Biodiversité : et si le loup revenait ?
Les vignerons amis : Château Marco
Prochaine livraison de viande de porc les 22 et 23 mai
Paroles d’agnelage : Christine

Le grand frisson

L’élevage des porcs reste la nouveauté des Belles Garrigues. L’animal est bien celui qu’on nous avait décrit : rien ne lui résiste. Surtout ne pas avoir une panne d’électricité ! Les clôtures, les barrières en bois, il peut tout dévaster en quelques minutes. À la force du groin, il soulève des pierres de 25 kg, qu’il envoie sur le fil électrique de clôture … un tour régulier du parc s’impose pour repérer tout problème. Un cochon a aussi la capacité étonnante de sauter de plain-pied des hauteurs qu’on lui suppose interdites par son poids et sa physionomie de boudin à pattes. Erreur ! Un cochon de 150 kg saute allègrement et même avec une certaine légèreté 1 m de haut. Le voilà dehors ! Comment le faire entrer ? Pas possible de l’attraper, par où d’ailleurs, à part les oreilles ou la queue ? Mais nos cochons ont bon caractère, et en restant calmes, avec un croissant et une choco plus des palettes qui lui indiquent la bonne direction, nous arrivons à les rentrer au parc. Le plus impressionnant reste l’heure du repas. Nous ne sommes pas encore organisés comme il le faudrait et nous sommes obligés de rentrer dans le parc pour distribuer la nourriture. Les cris d’impatience et les hurlements stridents alternent avec des grognements profonds de fauve, le volume sonore est incroyable. Les six cochons tournent autour de vos jambes en tous sens, vous tapent dans les mollets du bout du museau, vous bousculent, et j’ai souvent eu l’impression d’être au milieu d’un banc de requins affamés… vite jeter le premier seau dans la première gamelle !

Notre plaisir d’éleveur est pourtant à son comble quand, au retour du troupeau, les cochons suivent les brebis le long de leur clôture avec des bonds de joie et de petits grognements agréables. Comme prévu, ils passent aussi de longues heures dans leur bauge, allongés les uns contre les autres et couverts de boue. Qui a dit que l’argile était sale ?

Echtyma

Les naissances sont terminées. Bel agnelage, malgré la perte de quatre brebis. Les agneaux sortent au pâturage depuis quelques semaines maintenant. Tout va bien et suit son cours. Seul bémol, une maladie, présente chaque année, s’est réinvitée avec force : l’echtyma. Les éleveurs parlent rarement des maladies, qui peuvent inquiéter le « consommateur ». Pourtant, nous sommes confrontés quasiment au quotidien aux problèmes de santé des uns ou des autres. La plupart du temps, il suffit de surveiller, mais l’echtyma est vraiment un problème : papules, vésicules, démangeaisons, sur les pis et dans la bouche des agneaux, le risque de mammites et d’agneaux dénutris est grand. Cette année, la crise a été intense. Nous avons passé une heure par jour à masser les pis malades avec un produit bio très efficace. La bergère a quand même attrapé l’echtyma sur les mains et les bras. Beurk ! Ce que c’est de partager pleinement la vie de ses bêtes ! Nous nous en sortons avec une seule mammite, qui hypothèque malheureusement la suite pour une jeune brebis, et avec deux agneaux morts.

L’herbe qui jaillit maintenant, après quelques inquiétudes, nous console et le lait monte à flots dans les pis de nos brebis, pour nourrir des ventres parfois tellement pleins que les agneaux n’arrivent pas à se relever !

Les 4 saisons du troupeau : la tonte

Dans la foulée de l’invitation que nous vous avons lancé lors de l’agnelage (très beaux moments passés), vous êtes conviés à assister à la tonte du troupeau qui aura lieu vers le vendredi 30 mai. Rendez-vous à 11h30 à la bergerie, puis repas tiré du sac pour ceux qui le veulent, en espérant le soleil… Si vous voulez nous aider concrètement (attraper et asseoir les brebis, ranger la laine), merci de me contacter.

Biodiversité : et si le loup revenait ?

Vous êtes quelques-uns à m’avoir posé la question depuis deux ou trois ans. Elle m’embarrassait : je ne savais quoi répondre, prise dans la contradiction apparente d’être éleveuse et écolo. Oui pour le loup, mais pas chez moi, il me fait peur. Un peu facile. Pour me faire une idée plus claire, j’ai collecté pendant plus d’un an toutes les informations possibles sur Internet et sur le terrain lors d’un voyage dans les Alpes l’été dernier, avec Brice, technicien à la Pastorale Pyrénéenne, association qui s’occupe de placer les Patous (nos gros chiens blancs protecteurs des troupeaux) dans les élevages.

Si le loup revenait ? En fait il est déjà là, dans l’Aude, depuis 1998, 3 loups cantonnés dans les Pyrénées. Récemment, un loup a été photographié dans une zone de colline à quelques dizaines de kilomètres de Carcassonne, et des dégâts sur brebis lui ont été attribués. Le loup arrive.

L’animal fascine. Du loup effrayant qui habitait derrière la porte de la chambre de nos enfances, il ne reste souvent rien chez le citadin. Le loup incarne la puissance sauvage, il évoque les grands espaces et une certaine noblesse. Ainsi, 75% des Français sont pour la présence du loup. Pour le propriétaire de bétail, il est la bête noire dont on se passe sans peine.

Alors ? Pour ou contre ?

Pas si simple. Pour se faire un avis, il faut d’abord lire entre les lignes et comprendre les croyances qui sous-tendent les argumentaires opposés. Entre ceux qui considèrent qu’il est « naturel » de se débarrasser purement et simplement de tout ce qui les encombre et ceux qui estiment que la Nature doit être sanctuarisée et que l’Homme n’y a pas droit de cité, il y a des mondes ! et beaucoup de strates intermédiaires.

Dans ce brouhaha, il faut aussi trier les voix de ceux qui souffrent réellement de la prédation, de ceux à qui cette prédation apporte quelques avantages (primes, dégâts fictifs indemnisés), et ceux qui la considèrent de loin, voire de très très loin. Là encore rien d’uniforme.

Enfin, et surtout, il y a la réalité objective, celle qui nous dépasse parce qu’on ne peut la connaître parfaitement. Partons des chiffres, qui comportent leur part d’erreur et d’approximation. Environ 250 loups en France en 2013, des milliers de brebis touchées officiellement (tuées ou blessées) par le loup dans les Alpes en 2012, et une extension des zones de présence du loup : vu dans la Meuse, la Lorraine, les Ardennes, les Vosges, le Gers, l’Ardèche, la Lozère, l’Aude… il arrive ! Qu’on soit pour ou contre, il est là, et il paraît très difficile à contrôler : l’Etat a autorisé le tir de 24 loups par an, mais on ne sait plus le chasser, et le territoire s’est embroussaillé, notamment les zones montagneuses et semi-montagneuses, ce qui rend sa chasse plus ardue. À moins de piégeages et d’empoisonnements massifs et peu sélectifs (je n’ose pas imaginer les dégâts collatéraux, tenez vos chiens en laisse !), on ne sait plus faire. À ce jour, on est loin des 24 loups abattus. On relève ça et là des cas de braconnage, ainsi que d’inévitables collisions avec des voitures. On ne sait rien des loups tués et dissimulés… cependant la population augmente, indubitablement.

De toute façon, tuer un loup au hasard n’est qu’une solution transitoire et ne règle pas le problème, à part peut-être dans le cas de prédation répétitive due à un seul loup que plus rien n’effarouche, … cas bien rare mais qui existe. Les loups vivent en meutes qui essaiment. Il n’y a jamais beaucoup de loups sur un même territoire. Dès qu’ils sont trop nombreux, une autre meute se forme plus loin. Tuer un loup limite la pression de prédation à un endroit donné, certes, et évite peut-être surtout que les meutes ne se dispersent plus vite, …

Rappelons a contrario que le loup est un animal protégé par la convention de Berne. Si nous ne sommes pas capables de vivre en France avec 250 loups, 20 ours et 250 lynx, comment être crédibles aux yeux des pays qui doivent gérer tigres, éléphants et guépards, et à qui nous demandons de contribuer activement à la protection de leur biodiversité ?

La question évolue donc. Comment faire, puisque le loup est là et qu’il paraît inexpugnable ? Est-ce qu’on arrive à le tenir à distance du bétail ?

La protection des troupeaux contre les prédateurs donne lieu à de nombreux échanges et débats. Là encore, on lit et on entend tout : les ânes suffisent à mettre les loups en déroute, les lamas peut-être aussi, un loup a attaqué un berger en Italie, les Espagnols n’ont aucun problème avec leurs loups, … autant de nouvelles qu’un recueil patient d’informations croisées invalide les unes après les autres. Signalons ici qu’une certaine presse joue bien mal son rôle au sujet du loup. Beaucoup de journalistes « crient au loup », oublient de vérifier leurs sources et de valider ou non la nouvelle d’une attaque où le loup pourrait être impliqué, … pas besoin, ce qui compte c’est la sensation, le sensationnel, le frisson, après, on s’en fiche. Dommage.

La rencontre avec les bergers des Alpes l’été dernier a été instructive. Les loups sont arrivés, à pied, de l’Italie voisine, il y a plus de 20 ans. Depuis cette date, éleveurs et bergers cohabitent bon an mal an avec les loups. La situation s’est tendue avec des attaques de plus en plus nombreuses ces dernières années. Il a fallu s’organiser, changer sa façon de travailler, monter des parcs, mettre en place des chiens de protection, embaucher des bergers, des aides-bergers, parfois doubler l’enceinte des parcs, procéder à des tirs d’effarouchement, utiliser des fusées éclairantes… Le témoignage de ce berger est particulièrement éclairant lui aussi : il a fait de nombreuses estives, en France et en Suisse où il a eu affaire au loup à de nombreuses reprises. Il parle d’un animal qui n’a pas peur de l’homme ni de ses chiens de conduite (plusieurs bergers témoignent de leurs chiens paralysés par la présence du loup et qui se serrent contre eux), qu’il poursuit en courant et qui revient, qui rôde la nuit autour du parc, dont il voit les yeux dans la lumière de la torche, yeux qui disparaissent puis réapparaissent quelques minutes après le tir d’effarouchement. Le loup est connu pour s’habituer à tout, en effet. Très intelligent, il apprend vite et il faut varier régulièrement les techniques d’éloignement. Épuisant, s’il faut faire le berger la nuit en plus de la journée. Les bergers parlent du « lait sur le feu » (emprunt à Ivan, merci), on n’est jamais sûr, il peut à tout moment être là, revenir, présence incontrôlable et menaçante. Ce berger-là n’est pas pour autant un anti-loup. Pas de mauvaise foi ni de colère dans ses propos. Mais une pression difficile à supporter, qui s’ajoute à la charge de travail quotidienne, surtout quand on est consciencieux. Les maladies, le mauvais temps, les accidents, les chiens divagants, font des dégâts dans les troupeaux, en montagne comme en plaine. Ces risques-là sont intégrés. La présence du loup s’ajoute à la liste. Il faut faire avec. Il va falloir l’intégrer.

Cette perspective et le choc vécu par certains éleveurs les poussent à arrêter leur activité. On rétorque souvent aux éleveurs que les dégâts sont fortement indemnisés, ce qui est vrai. Cependant, qui est prêt à accepter d’être potentiellement régulièrement cambriolé sous prétexte que l’assurance indemnisera bien les vols ??? Personne ! C’est faire fi des résonances psychologiques des attaques : angoisse, lien affectif au troupeau, à certaines bêtes. C’est aussi ne pas tenir compte des dégâts collatéraux, mal connus ou considérés comme nuls, que l’argent ne peut compenser : perte génétique, stress durable et appétit perturbé des troupeaux attaqués, …

Alors ? Il reste à mettre toutes les chances de son côté : bons Patous, parcs bien montés, gardiennage renforcé en montagne, abandon probable à venir de certaines montagnes trop difficiles à garder, … En moyenne montagne où les troupeaux sont parqués sans surveillance sur de grands surfaces, seuls de bons chiens de protection peuvent être efficaces, mais ils ne peuvent pas être à plusieurs endroits en même temps. Or, les troupeaux parqués ont tendance à se disperser … Si les loups viennent à coloniser de grands territoires, on peut imaginer que c’est en moyenne montagne qu’ils feront le plus de dégâts, encore plus qu’en montagne.

Certaines associations de protection de la Nature militent pour la cohabitation des troupeaux et des prédateurs et cherchent des bénévoles pour seconder les bergers de montagne dans les zones à risque. Voilà l’occasion unique d’approcher la réalité de la prédation et de la vie hors normes du berger en estive, … Il faut être en forme et suivre une petite formation, en échange de quoi vous passerez des vacances hors du commun.

Même si les chiens de protection ne sont pas l’arme absolue, ils représentent une pièce maîtresse du dispositif que l’éleveur peut mettre en place contre les attaques. L’Etat et l’Europe auraient tout intérêt à renforcer les actions qu’ils soutiennent auprès des associations qui s’occupent des Patous, et ce au-delà des seules Pyrénées. Car ces chiens de protection doivent être mis en place et suivis par les éleveurs et les bergers avec professionnalisme. Le Patou n’est pas naturellement bon au troupeau, la génétique ne suffit pas. Ses qualités découlent d’une éducation particulière et précise, qui lui donne un attachement solide aux bêtes, brebis ou chèvres, et un respect relatif de l’être humain. Cette dernière qualité mérite attention et réflexion, afin d’éviter à l’avenir les conflits d’usage avec les promeneurs qui apparaissent ça et là, conflits qui pourraient augmenter au détriment de la protection des troupeaux, … Loups ou Patous, il vaudrait mieux ne pas avoir à choisir ! Par ailleurs, l’augmentation du nombre de chiens de protection (il y a d’autres races que le Patou, comme le Gankal turque, le chien des Abruzzes,…) ferait baisser sérieusement l’impact des chiens divagants, qui se chiffre à des dizaines de milliers de bêtes par an lui aussi.

– Alors, au final, toi, tu es pour ou contre le loup ? (si on insiste…)

Notre cas de bergers de collines est très particulier puisque nous gardons nos bêtes tous les jours, ce qui signifie qu’elles ne sont jamais sans présence humaine, excepté dans les parcs de nuit (et encore, nous dormons régulièrement avec elles). Nous avons de bons Patous et nous monterons les parcs avec deux rangées de clôture si le loup apparaissait dans les Corbières. Dans notre système d’élevage, les risques sont infimes et limités. Le reste du temps, elles dorment dans leur bergerie protectrice. Le loup peut venir aux Belles Garrigues, il aura du fil à retordre. S’il parvenait tout de même à déjouer l’attention des Patous et à faire des dégâts, … je demanderais de l’aide à l’Etat et vivrais l’abattage d’un loup (très hypothétique et d’une efficacité très localisée et temporaire) comme un échec et avec soulagement, la contradiction perdure…

Les vignerons amis : Château Marco

Nous vous avons présenté le domaine de la Gardiole de Bizanet la dernière fois. Cette fois-ci, voici le Château Marco, à Festes et St-André, près de Limoux, certifié Bio lui aussi.

Laissons parler Marco : en 1983 les premiers ceps sortent de terre accrochés sur un coteau argilo-calcaire à 350 Mètres d’altitude. Du Mauzac , du Chenin rejoints quelques années plus tard par du Chardonnay et des vaches. Tout est en place pour réaliser dans ce recoin isolé de la haute vallée de l’Aude une viticulture agro-écologique comme on la qualifie aujourd’hui. L’élevage de la ferme amène la fumure nécessaire à la vigne. Les amendements organiques permettent au sol d’exprimer ainsi la fraîcheur et les accents minéraux de ce terroir d’altitude.

Au fil des années les bulles de la Blanquette Ancestrale, traduisent une tradition que nous participons modestement à transmettre à travers le temps. Le Chardonnay, vin « tranquille » vinifié en barrique, cache bien son jeu dans le style inclassable.

Nos vins élaborés avant tout pour le plaisir sont à partager sans modération.

Ajoutons que Marco vend des caissettes de veau et de bœuf bio.

Marc Leseney- 11 300 Festes St André
0468313921 – marc.leseney@club-internet.fr

Prochaine livraison de viande de porc : jeudi 22 et vendredi 23 mai

Les caissettes de porc pèseront environ 8 kg. Elles comprendront :
· rôti
· côtes (échine, premières)
· sauté et/ou coustellous (en fonction de la quantité)
· ½ jambonneau
· rouelle de jambon
· tranches de poitrine

Tarif : 10,50 € le kg dans l’Aude, 11,70 € le kg pour les autres départements

Vous pouvez commander une caissette de 4 kg, qui comprend un panaché des pièces ci-dessus, au tarif de 11,70 € le kg dans l’Aude et de 13 € le kg pour les autres départements.

La viande est mise sous-vide, avec indication de poids et nom des pièces.

Pour ceux qui le désirent : oreilles, pieds, langue, couennes, foie, cœur, rognons, tête ou demi-tête, … Tarif : 8,50 €/kg, à réserver.

Saucisse (0% de gras ajouté) ou chair à saucisse en fonction des disponibilités : 12, 50 €/kg.

Les heures et lieux de rendez-vous vous seront communiqués quelques jours avant la livraison… Nous livrerons Toulouse et le Gers cette fois-ci, ainsi qu’en juillet.

Merci de passer vos commandes par mail ou au 04 68 46 25 19 aux heures de repas.
N’hésitez à me faire part de vos questions.

Les livraisons d’agneau bio et merguez reprendront à la fin du mois de juin, à raison d’une par mois jusqu’en décembre.

Paroles d’agnelage : Christine

Après une conférence sur le pastoralisme en Languedoc Roussillon, Florence Robert, bergère de Belles Garrigues à Albas, a proposé une visite de sa bergerie en période d’agnelage.
J’ai fait partie des premiers visiteurs, le 2 mars. Pas de naissance lors de ma présence. J’ai alors proposé mon aide pour 3 matinées de découverte et de travail à partir du 12 mars.

J’ai ainsi découvert les Corbières tôt le matin (7h15) si belles et envoûtantes, mélange de brumes et de soleil, amandiers en fleurs, rouquettes à foison et garrigue aux verts divers.

Et puis la bergerie! Quelques 160 brebis à l’intérieur. Un tiers d’entre-elles avaient déjà mis bas depuis ma dernière visite.
Les petits se rassemblaient ou sautaient d’un endroit à l’autre, tous mignons malgré les marques de couleurs qui permettent d’identifier leurs mères respectives.

Les agneaux et leurs mères sont séparés des gestantes par le quai, longue allée qui sert de mangeoire et d’accès rapide aux divers endroits de la bergerie, entre autres les cases qui accueillent la brebis qui vient d’agneler, avec ses petits.

Et de la rapidité, il en faut! Et de l’oeil exercé et affûté! Et une forme physique incontestable!
Mon aide a consisté dans le nettoyage du quai et de certaines cases vides. Puis distribution rapide de l’orge aux brebis qui bêlent comme des folles perdues : elles donnent l’impression de ne pas avoir mangé depuis des jours. L’orge n’est qu’ un amuse-bouche nécessaire. Il faut enchaîner aussitôt avec le foin que nous charrions, avec Florence, par grandes brassées.
Et tout cela en veillant bien à une répartition large et rapide pour éviter que les brebis se grimpent dessus, se piétinent sans tenir compte des agneaux qui peuvent se trouver là.. Et puis c’est le regain ou la luzerne pour les toutes nouvelles mères pour les requinquer au mieux après la mise bas.

Enfin, l’eau. Sous forme d’une bonne vingtaine de sceaux de 10 litres chacun, à laver remplir à nouveau et charrier jusqu’aux parcs individuels et de groupes. Sans oublier les jeunes béliers et les chèvres dans un autre enclos qui avaient droit au même traitement.

Tout ça, sous les yeux attentifs envers les bêtes, des chiens de troupeaux.

Et simultanément, Florence qui bondit auprès d’une brebis mettant bas avec difficulté. L’assiste et l’aide. « Courageusement », je reste éloignée de cette activité très spécialisée. Une quinzaine de petits sont nés au cours de ces 3 matinées, 8 nouvelles mères qu’il a fallu isoler des autres par la création de parcs à l’aide des barrières mobiles plutôt lourdes.

Florence m’a appris comment couper le reste de cordon ombilical de chaque nouvel agneau, le désinfecter. Nourrir les petits dont les mères manquaient de lait grâce au biberon rempli du lait des chèvres que j’ai appris à traire tant bien que mal.
Et dire que je n’avais aucune vergogne à savoir que l’un d’entre-eux finirait dans nos assiettes….

Et ce n’est pas fini! Vers les 11h00, direction les porcs, énormes, voraces, inquiétants. Florence n’a plus peur d’eux mais s’en méfie malgré tout quand elle entre dans l’enclos pour les nourrir. Je reste prudemment loin des barrières en bois que les porcs attaquent à grands coups de dents…..

Vers midi, l’activité retombe. Florence fait le point par écrit de l’activité matinale tout en restant en éveil car les brebis gestantes peuvent mettre bas à tout moments.
Jojo le berger va la remplacer l’après-midi. Elle se prépare enfin pour un repos indispensable.
Je rentre chez moi en faire autant!

Une chose est sûre : le berger du « Génie des Alpages » du dessinateur Fmurr, n’a pas été confronté à l’agnelage! C’est un sacré boulot!

Cependant, je reviendrai bien lors du prochain agnelage…

 

Leave a Comment

« | Home | »