Infolettre des Belles Garrigues N°17, janvier 2014

Written by florence on vendredi, février 7th, 2014

 Copains comme cochons

Le cochon est vraiment une drôle de bête ! Manger comme un cochon, être sale comme un porc, être copains comme cochons, avoir un caractère de cochon, donner de la confiture aux cochons, etc… l’animal habite encore notre langage, même s’il est devenu très rare de l’observer dans nos campagnes. Nos premiers cochons sont donc arrivés durant l’automne.

Enclos électrifié, cabane confortable et paillée, ration composée d’orge et de féverole bio, associées à de la « boulange sèche » (non bio), c’est-à-dire des pains variés et des viennoiseries sortis du circuit commercial. Bientôt, nous ajouterons à leurs deux repas quotidiens des végétaux, pluches et légumes écartés de la vente. Halte au gaspi ! Quand il fait froid, nous ajoutons de l’eau chaude à la soupe… ils sont aux « petits oignons ». Nos porcs ne sont pas Bio, mais assez écolos pour figurer au menu de nos propositions.

Les premiers temps n’ont pas été faciles, pour ne pas dire déconcertants : ils ont fait une petite dépression de deux jours avant de s’intéresser à leur environnement. Puis, les grognements d’impatience à la vue des gamelles sont apparus progressivement. Il y en a même un qui grince au lieu de grogner… Entrer dans le parc des cochons est assez impressionnant au début. Est-ce que ça mord ? Oui, ça peut mordre les mollets ! Et comment les repousse t’on ? En leur tapant – doucement – sur le groin. Voilà l’organe le plus étonnant du cochon ! Le groin est hypersensible, mais aussi apte à soulever la terre sur quelques centimètres avec graviers, pierres et branchettes, en un mot : fouir. Son odorat semble très développé, capable de retrouver les grains d’orge dans la boue du parc. Boue qu’il faut voir pour comprendre à quel point le porc a besoin de fouiller le sol, à la recherche de larves d’insectes, de bulbes et autres choses passionnantes et sûrement délicieuses. Dans certains élevages, on place un anneau de métal au nez du cochon, afin qu’il fasse moins de dégâts. Je refuse de le faire…

Le porc est-il aussi sale que sa réputation le dit ? Les amoureux du cochon (comme animal de compagnie) disent vrais : le cochon est propre, car il fait ses besoins toujours au même endroit, loin de sa nourriture. Mais quand il s’agit de manger ! Pas de quartier ! C’est à qui mangera le plus vite et dénichera en premier les croissants et les chocos. La bouche du cochon est bizarrement faite, avec la mâchoire inférieure en retrait, comme chez le requin. Sa dentition laisse rêveur, des incisives espacées orientées vers l’avant, des molaires très en arrière… Pour attraper la nourriture, il est obligé de happer ce qu’il ne peut pas vraiment saisir, tout cela avec un bruit indescriptible, créé par la forme particulière des babines qui ne sont pas complètement jointives. D’où ce bruit d’animal impoli qui mange la bouche ouverte, ponctué de grognements ! Délicieux concert ! Enfin, ils mettent volontiers les pieds dans le plat pendant le repas ! Pas terrible… Nous aurons bientôt des auges en béton à la bonne hauteur.

Nos cochons vont-ils sortir avec le troupeau ? Ou simplement manger en garrigue ? Non, car les dégâts qu’ils y feraient seraient contraires à ce que nous essayons de faire avec les brebis : favoriser la biodiversité. Adieu les orchidées, les tulipes sauvages, les délicats narcisses. Ils auraient d’ailleurs bien du mal à trouver de quoi manger en quantité suffisante, les chênes, les glands et l’herbe étant rares, les châtaigniers absents… Malgré une liberté restreinte, ils ont cependant la chance de disposer de place, d’air frais, d’une nourriture variée non recomposée, le droit de fouir autant qu’ils le veulent. L’heure de la digestion venue, ils s’allongent flancs contre flancs dans leur cabane, et s’endorment profondément. Une vie de patachon, voilà la belle vie d’un cochon de plein-air.

Livraison de viande de porc,

Vendredi 31 janvier et samedi 1er février, dans l’Aude uniquement

(autres départements en février)

 Les caissettes de porc pèseront environ 8 kg. Elles comprendront :

  • 1 rôti

  • côtelettes

  • sauté et/ou coustellous (en fonction de la quantité)

  • jambonneau

  • rouelles de jambon

  • tranches de poitrine

 La viande est mise sous-vide, avec indication de poids et nom des pièces.

Tarif : 10,50 € le kg

 Pour ceux qui le désirent : oreilles, pieds, langue, couennes, foie, cœur, rognons, tête entière ou demi-tête, … Tarif : 8,50 €/kg, à réserver.

 Saucisse (0% de gras ajouté) ou viande hachée en supplément, en fonction des disponibilités : 12, 50 €/kg

 Les heures et lieux de rendez-vous vous seront communiqués quelques jours avant la livraison… La livraison suivante se fera fin février (Aude et autres départements), pour laquelle vous pouvez d’ores et déjà commander.

 Merci de passer vos commandes par mail ou au 04 68 46 25 19 aux heures de repas.

 N’hésitez à me faire part de vos questions.

 Les livraisons d’agneau bio et merguez reprendront à la fin du mois de juin, à raison d’une par mois jusqu’en décembre.

Invitation

 Vous êtes conviés à un rencontre avec « Florence Robert, une bergère au service de la biodiversité » à la médiathèque de Narbonne le 14 février à 18 h. Cette animation est proposée par le Parc Naturel de la Narbonnaise : http://www.parc-naturel-narbonnaise.fr/

Elle sera l’occasion de faire le point sur cinq années d’impact du troupeau sur les garrigues : faune, flore, ouverture des pâturages et embroussaillement, incidences du climat, difficultés et perspectives… et d’échanger autour du troupeau et du métier de berger.

 Au plaisir de vous y retrouver.

 

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